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lundi 2 mars 2020

En mars, place au « mois de la traduction ».
Venez assister à deux rencontres sur le thème de la traduction
à L’Usage du monde.

jeudi 12 mars 2020 à 19h
Rencontre avec
Diane Meur & Corinna Gepner
autour de la collection Contrebande
(éditions La Contre Allée)
avec leurs ouvrages
Entre les rives &
Traduire ou perdre pied

 
Entre les rives - Diane Meur

En matière de traduction, on peut légitimement s’inquiéter de ce que deviendraient les cultures humaines et la pensée humaine, le jour où tout échange inter-linguistique serait confié à une intelligence artificielle. Il s’ensuivrait un cloisonnement et un repli sans précédent dans l’histoire, une histoire qui, aussi loin que remonte la mémoire écrite, est faite de migrations d’idées, d’usages et d’hommes, de fécondation du même par l’autre, de transferts, de réinterprétations et de réappropriations.

[...] La traduction n’est pas seulement mon travail alimentaire. C’est mon métier, et je suis attachée à ce mot avec tout ce qu’il connote de soin, de savoir-faire, de travail minutieux sur la trame de l’écrit. La traduction est mon métier, elle a forgé ma personnalité, y compris en tant qu’autrice : j’écrirais sans doute autre chose, et autrement, si je ne passais pas une partie de mon temps à traduire depuis deux langues étrangères, si j’étais ancrée dans une seule langue, une seule culture, un seul territoire. Cesser de traduire, ce serait renoncer à ce qui m’a faite telle que je suis.

Voilà pourquoi je n’ai pas hésité à accepter la proposition de mes collègues. Dans ce volume qu’on m’offrait de rédiger, je matérialiserais mon bilan, j’explorerais les liens entre la traduction qui (je le maintiens) est une écriture, et l’écriture qui, à mes yeux, est un peu une traduction. J’y évoquerais mon sentiment d’être toujours « entre les rives » – je pense moins ici à l’image désormais classique du traducteur comme passeur, qu’au voyageur qui a quitté les eaux territoriales de son continent d’origine, n’est pas encore entré dans celles du continent d’en face et n’a peut-être même pas l’intention d’y pénétrer un jour. Préférant la pleine mer, là où les eaux appartiennent à tous et n’appartiennent à personne.

Diane Meur est née à Bruxelles et vit à Paris depuis 1987. Ancienne élève de l’École normale supérieure et romancière, elle est également traductrice de l’anglais et de l’allemand. Elle a notamment traduit Paul Nizon, Tariq Ali, Stefan Zweig, Tezer Özlü, Jan Assmann … Ses romans sont publiés aux éditions Sabine Wespieser.


Traduire ou perdre pied - Corinna Gepner

À mon sens, on ne traduit pas hors sol. On traduit avec toute son histoire, individuelle et collective, avec tout ce qui nous a précédé et tout ce qui nous entoure.
J’ ai essayé de montrer mon cheminement vers la traduction, pour faire comprendre ce qui habite mon travail, ce qui lui donne du sens à mes yeux, ainsi qu’ un horizon. Et la façon dont il s’ inscrit dans un rapport aux autres qui est bien plus vaste que le simple désir de donner à lire un texte.
Je souhaitais aussi montrer que le travail de la traduction littéraire est tissé de doutes, d’ interrogations qui resteront toujours sans réponse – et c’ est tant mieux. Qu’ il n’ y a pas de savoir, juste une exploration, une expérimentation sans cesse renouvelées, un matériau qui ne cesse de se dérober. Et c’ est justement pour cette raison que l’ on peut travailler, inventer, et avancer.

Corinna Gepner a exercé diverses fonctions avant de devenir traductrice littéraire. Germaniste, elle a traduit, entre autres, Stefan Zweig, Klaus Mann, Erich Kästner, Michael Ende, Heinrich Steinfest, Katharina Hagena, Vea Kaiser, Christian Kracht. Elle a animé sur Fréquence protestante, pendant une dizaine d’ années, une émission de radio consacrée aux littératures germanophones traduites. Elle est actuellement présidente de l’Association des traducteurs littéraires de France.



Jeudi 19 mars 2020 à 19h
Rencontre avec
Tiphaine Samoyault
autour de son livre
Traduction et violence
(éditions du Seuil)


Alors que la traduction assistée par ordinateur est sur le point de provoquer une mutation majeure dans nos façons de communiquer et dans notre relation aux langues, cet essai veut renouveler la pensée de la traduction. La sortir de l’éloge ou du consensus implique de ne plus voir en elle le seul espace de la rencontre heureuse entre les cultures mais de la comprendre comme une opération ambiguë, complexe, parfois négative.
Tiphaine Samoyault étudie les histoires de violence dans lesquelles la traduction a pu jouer un rôle (la domination coloniale, les camps d’extermination, les sociétés d’apartheid, les régimes totalitaires), ainsi que des cas littéraires qui illustrent les violences propres à l’espace du traduire. Mais parce que la traduction a aussi à voir avec la justice et la justesse, avec l’imprévisibilité de la rencontre et les transformations dans l’espace et le temps, la séparation qu’elle entraîne peut s’inverser en réparation de la violence commise. Au-delà de la question de la traduction, ce livre s’adresse à toutes celles et ceux qu’intéressent les dialogues entre les cultures, les littératures et les langues, et la possibilité politique de faire des mondes communs. 

Née en 1968, Tiphaine Samoyault est professeur en littérature comparée. Elle est conseillère éditoriale au Seuil – où elle a récemment publié Bête de cirque (2013) – elle collabore à La Quinzaine littéraire.
 
Librairie L’Usage du monde
32 rue de La Jonquière - Paris 17
01.42.26.65.68 - lusagedumonde@live.fr

samedi 29 février 2020

Mia, les loups et moi
Romain aime le rap, le roller et les grandes villes. Lorsque son père lui annonce qu’ils vont quitter Paris pour s’installer dans une réserve naturelle, près de laquelle il devra faire son entrée au collège, la vie du jeune adolescent est chamboulée. De l’ennui et la colère, il passera vite à l’excitation, lorsqu’un soir de neige il rencontre Mia. La jeune fille au tempérament de feu, passionnée par les loups va bouleverser Romain. D’autant plus que des évènements étranges arrivent depuis peu.
Un roman beau et percutant sur la découverte du sentiment amoureux et l’ouverture au monde. Après le diptyque "Danse avec choux" et "Amour, gloire et ballet" Anais Sautier trouve une nouvelle fois l'humour et les mots justes pour faire parler l'adolescence. 
A lire à partir de 10 ans.
Mia, les loups et moi

mardi 25 février 2020

Cela fait vingt ans que Michel Rabagliati raconte les étapes clés de la vie de Paul, une vie simple et banale mais touchante aussi.
Aujourd’hui Paul a 51 ans, il doit faire face à son propre vieillissement, à la maladie de sa mère, au départ de sa fille, aux problèmes de PH de sa piscine.
L’auteur n’évite pas les sujets difficiles et les traite avec justesse et humilité.
Paul à la maison


samedi 22 février 2020

Organiste dans la petite ville d’Arnstadt, le jeune Johann Sebastian Bach prend connaissance d’une mystérieuse partition et éprouve l’absolue nécessité d’en connaître l’auteur. Il décide alors de braver le froid hivernal direction Lübeck où exerce celui qui s’impose dorénavant comme son maître. Dans ce premier roman virtuose, Simon Berger réinvente ce voyage initiatique porté par une foi intense et la quête de la grâce.
Laisse aller ton serviteur
Simon Berger
Éditions Corti
Domaine français
(cliquez pour réserver)

La guerre vient de s’achever. Bristol est détruite. La vie doit reprendre son cours mais les privations et les traumatismes sont encore là.
Ralph a 12 ans, il joue dans les ruines avec son copain, collectionne des petits trésors. Il attend et espère le retour de son père. Mais quand enfin celui-ci réapparaît après plusieurs années d’absence, les blessures physiques et morales sont trop grandes.
Ce sujet complexe est abordé avec justesse et sensibilité par Benjamin Dickson, autant par le trait que dans son ton.
Autonomie, prise d'initiatives, assignation d'objectifs avec une liberté totale quant aux moyens de les atteindre, polyvalence, adhésion tacite "librement consentie" aux directives reçues, cela vous est-il familier ? C'est une forme de management que prônait Reinhard Höhn, juriste nazi qui finit la Seconde Guerre mondiale au grade de général, et qui, en 1957, créa une école de management dans laquelle furent formés plus d'un demi-million de cadres allemands.
Un essai brillant, érudit et concis, sur la généalogie du management moderne.
 

vendredi 14 février 2020


Une famille en vacances, un bord de mer anglais un peu triste, un adolescent qui s’ennuie, des couchers de soleils lents et beaux, Jon Mcnaught utilise les répétitions, la couleur et la lumière pour exprimer l’indicible.
Ce livre et tous les autres de cet auteur sont des instants suspendus d’une virtuosité rare.

 

vendredi 7 février 2020

L’image contient peut-être : texte 
 Chez les Manzatti, on ne manque pas d'idées pour enchanter le quotidien. Seulement Eugénie qui a maintenant dix ans n'est plus tout à fait petite, ni encore adolescente, et ne trouve plus sa place lors de cette nouvelle virée estivale. A cet âge de transition, elle se sent délaissée par sa sœur, incomprise de ses parents et ressent un tas de sentiments contraires qu'elle ne parvient pas à s'expliquer.
Partez en vacances avec les Manzatti le temps d'un été, et retrouvez l'univers de Jo Witek, dans un roman qui traite de la vie de famille et de la prépuberté avec impertinence et tendresse.
Pour les enfants à partir de 9 ans.

mardi 4 février 2020

Kya a 6 ans et vit dans les marais de Caroline du Nord avec sa famille. Son père est alcoolique, extrêmement violent et dangereux. Il fait fuir sa mère, puis ses frères et sœurs, les uns après les autres, pour finalement partir lui-même en laissant la jeune fille complètement seule, livrée à elle-même et au marais.
Des années plus tard, un homme meurt. Il est très commode pour les gens du coin d’accuser "la Fille du marais" mais la réalité est sans doute plus compliquée.
Kya est belle, forte, maligne et flamboyante. Son histoire se déploie dans cette fresque romanesque et haletante.
Là où chantent les écrevisses

samedi 1 février 2020

Emmanuel Guibert a remporté le grand prix du festival de bandes dessinées d'Angoulême.
C'est l'occasion de découvrir ou redécouvrir les œuvres de cet auteur majeur de la bd française :
Le photographe
Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et Frederic Lemercier
Éditions Dupuis collection Aire Libre
 
En 1986, Didier Lefèvre est jeune un photographe. Il accompagne une mission de Médecins Sans Frontières en Afghanistan. Le pays est alors occupé par l’URSS, les humanitaires doivent donc partir du Pakistan et marcher pendant un mois dans les montagnes pour rejoindre la zone de guerre et soigner la population. Le photographe, son appareil à la main, veut rendre compte du travail des médecins dans ces conditions précaires. Il veut raconter l’Afghanistan, ses habitants, ses paysages.
Les dessins d’Emmanuel Guibert, fins et précis, créent un lien entre les photos et le récit et forment un œuvre prodigieuse.

La guerre d'Alan 
Emmanuel Guibert
éditions L'Association

Emmanuel Guibert a rencontré par hasard Alan Cope, un ancien GI américain retraité sur l’île de Ré. Ils sont rapidement devenus très amis et Alan lui a raconté sa vie.
Enrôlé dans l’armée américaine à dix-huit ans, il débarque deux ans plus tard en Normandie pour participer à une guerre presque terminée sans jamais s’approcher véritablement de l’action.
L’existence d’Alan n’a rien d’héroïque. Il raconte sa vie comme il l’a vécue, avec franchise et humilité. Portée par le dessin sensible et subtil d’Emmanuel Guibert, cette bande dessinée est un véritable chef-d’œuvre.

L'enfance d'Alan
Emmanuel Guibert
éditions L'Association
Alan Cope est né en 1925 en Californie. Ses souvenirs d'enfances sont des bribes, des évocations. Il raconte ce qui a laissé une trace chez lui, les événements qui ont forgé sa personnalité.
La sobriété de son ton est magnifiée par le minimalisme du dessin d'Emmanuel Guibert qui élève le récit d'Alan au rang de chronique sociale.

Ariol
Emmanuel Guibert et Marc Boutavant
éditions BDKids  

Ariol est un petit âne bleu, très gentil, un peu fayot. Il a tout un tas d'amis : Ramono le cochon, Bisbille la mouche, Kwax le canard, Pétula la vache dont il est un peu amoureux... Il est fan du chevalier cheval, part en vacances chez son papy. Il vit des aventures du quotidien, à la fois extraordinaires et tout à fait normales.